La qualité architecturale porteuse d’un réel impact positif sur l’écosystème

Des architectures d’une courte durée de temps de vie sont créées. Des architectures jetables où le temps de réflexion est court et le vieillissement des immeubles laisse beaucoup à désirer. Quel intérêt à construire vite et moins cher pour après venir systématiquement déconstruire- pour construire. Ne faudrait-il plutôt re-valoriser nos futures constructions en amont ? C’est à dire, leur consacrer le temps nécessaire à une bonne conception, le meilleur choix de matériaux mis à disposition, certainement un peu plus chers, mais plus pérennes, de meilleure qualité et soutenables vis à vis de la planète. Le bon marché reviens toujours cher. Evitons de créer massivement des villes génériques réalisées comme des objets copier-coller, indifférent des traditions, de la culture, du climat, de l’histoire. Soyons promoteurs de villes représentatives de leur population. Il y a une perte d’identité alors que l’architecture doit promouvoir la culture. Cessons de construire nos villes avec tant d’ardeur, de manière désinvolte, prenons le temps de penser chaque nouvelle empreinte réalisé par l’étalement urbain. Limitons le monopole que le parc de l’immobilier a sur la question du logement, prenons le temps de nous organiser pour co-concevoir, développer l’habitat participatif et toutes autres démarches citoyennes nécessitant l’expertise de la maitrise d’oeuvre. Prenons le temps d’expliquer aux grands groupes de construction l’intérêt et le devoir qu’ils ont à utiliser des matériaux et des techniques de constructions viables. La passivité et le manque de temps pour s’instruire sur les débouchées écologiques est la pire des erreurs que la maîtrise d’oeuvre peut faire.

N’ayons pas peur de signaler les projets qui se vantent d’être écologiques à des fins de marketing, mais qui, en réalité, dévalorisent par leur pauvreté le combat qu’il reste à mener. Notre responsabilité déontologique en tant qu’architectes est aussi celle de dénoncer ce types d’opérations afin de mieux informer la société civile. N’ayons pas peur de faire face aux lobbies qui se chargent d’accaparer le marché du secteur de la construction.
Nous disposons d’un large choix éco-procédés de construction et de matériaux a faible impact environnemental et nous ne les utilisons pas comme il faudrait. Il est question de mieux communiquer les avantages de ces derniers, de les démocratiser et puis diversifier leur usage afin que l’impact soit d’autant plus important. Pour mieux les identifier et les concevoir, il faut veiller à certains critères: l’origine de la ressource, l’extraction et la fabrication, l’impact à l’usage et la capacité de recyclage.

De nombreux projets et collectifs d’architecture font preuve de réussite. Il est inadmissible de faire si peu actuellement pour l’écosystème ou de se contenter de faire du greenwashing dans un but commercial. Le non usage de matériaux à faible impact environnemental pour des opérations majeures est un manque terrible. L’utilisation de ces matériaux devrait de nos jours être la règle et non l’exception, d’autant plus que ces derniers représentent autant d’intérêts écologiques et sont économiquement viables. Aujourd’hui l’usage de vrais matériaux réutilisables et soutenables se résume à une expérimentation presque timide et seulement pour des petites opérations. Je sais d’avance que dans mon futur professionnel ma pratique sera tournée vers ces engagements.

Il est impératif que dorénavant architectes et autres corps de métiers soient investis en faveur de la question environnementale afin pouvoir apporter leur capacités intellectuelles au service de l’intérêt général. Ceci est revaloriser l’architecture au service de la communauté. Aujourd’hui plus que jamais, les architectes ne peuvent se dérober de la responsabilité du monde futur, et donc à la nécessité d’imaginer ce qui, demain, pourra exister pour les générations à venir.

Nadine Taranger

Un commentaire

  1. Bienvenue au club – 30 ans que je me bats; dernièrement j’ai cru au sursaut pour finalement déchanter avec le greenwashing qui en remet une couche – BIM et RT2012/Rt2020 en sont les leurres. HfjRolland

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