L’Architecte des Bâtiments de France et permis de construire

L’architecture du patrimoine, témoin d’un passé, d’une culture, doit être considérée pour ce qu’elle a représenté et pour le rôle qu’elle doit tenir dans l’environnement de demain.
Travailler en secteur sauvegardé, c’est donc bien sûr l’affaire du ministère de la culture au travers du service public animé par les ABF, mais c’est aussi celle de la commune par la personne du maire qui connaît le mieux ce qui est souhaitable pour sa commune, celle également de l’ordre des architectes qui représente la profession, et enfin celle du propriétaire ou du maître d’ouvrage qui connait son programme, son enveloppe budgétaire et le public qui habitera son bâtiment.
Il est donc primordial, très important, indispensable que les accords sur les permis de construire de bâtiments en secteur sauvegardé soient pris de manière collégiale et non pas suivant la seule réflexion et le seul jugement d’une personne.
Il faut véritablement en finir avec la « sentence de l’ABF » qui définit ce qui est bon et ce qui est mauvais de manière inévitablement subjective.
Il faut véritablement en finir avec des « prescriptions » totalement décalées avec la réalité de terrain qui le plus souvent entraînent délais et budget explosés.
Face aux décisions arbitraires de l’architecte des bâtiments de France qui lui seul « sait », il n’y a aucune discussion ni contre-pouvoir.
Cette organisation verticale d’un autre âge n’est plus un service public.
Pour remédier à cela, je propose que les conseils architecturaux organisés dans les communes concernées soient réunis régulièrement afin que les projets à l’état d’APS soient présentés par le maître d’ouvrage et son architecte à un collège composé du maire, de l’Architecte des Bâtiments de France, de représentants de l’ordre des architecte ou de l’architecte conseil de la ville si il y a.
Au cour de cette présentation seraient faites des remarques, et évoquées des options afin d’affiner le projet si nécessaire en gardant l’objectif de respecter le programme et le budget.
La décision finale doit être le résultat d’un vote entre chaque membre du conseil.

CHRISTOPHE GIRAUD

3 commentaires

  1. je suis absolument d’accord avec le point de vue de Christophe Giraud.
    J’ai été architecte indépendant pendant 40 ans, et l’avis des Batiments de France changeait avec l’ABF.
    Ces architectes, qui ont rarement pratiqué à leur compte, n’ont pas la culture qu’ils revendiquent. S’ils ont une culture, elle est historique et rarement contemporaine. L' »esthétique » qui fonde leur choix est celui des formes d’une histoire choisie par eux, sans envergure ni perspective. J’ai de multiples exemples à l’appui de cette critique.
    Il est donc urgent d’abandonner « l’avis conforme » de l’ABF dans les secteurs protégés.

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  2. Je suis également parfaitement an accord avec le point de vue de Christophe Giraud et je préconise aussi le traitement de dossiers en secteur sauvegardé de manière collégiale, pour plusieurs raisons car bien souvent les personnes des ABF sont extrêmement loin des réalités terrain et tout particulièrement de la gestion des coûts et se réfugient derrière une règlementation dépourvue de sens dans bien des dossiers.

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  3. Attention cependant à ne pas trop déréglementer le patrimoine, sinon, dans 20 ans, les poches de beauté urbaine qui sont déjà devenues l’exception au milieu d’une France moche, auront totalement disparu. Il suffit de voyager un peu hors d’Europe (Par exemple au Moyen-Orient) pour se faire une idée de l’utilité de ABF en France.

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